• Prix Aristote

    Prix Aristote

     

    PRIX  ARISTOTE

    2016

     

    Prix Aristote

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    Prix Aristote

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    ANTOINE  COMPAGNON

     

     

     

     

    Antoine Compagnon est le fils du général Jean Compagnon et de Jacqueline Terlinden.

    Il achève ses études secondaires au Prytanée national militaire de La Flèche, puis entre à l'École polytechnique (promotion 1970) et devient ingénieur des ponts et chaussées. Il s'oriente ensuite vers une carrière littéraire en devenant pensionnaire de la Fondation Thiers et attaché de recherche au CNRS en linguistique et littérature françaises (1975-1978).

    Docteur de troisième cycle de littérature française en 1977, il enseigne à l’École polytechnique dans le département « Humanités et sciences sociales » (1978-1985), à l'Institut français du Royaume-Uni à Londres (1980-1981), et devient maître de conférences à l'université de Rouen en 1981. Docteur d'État ès lettres en 1985, il part comme professeur à l'université Columbia à New York, où il sera nommé Blanche W. Knopf Professor of French and Comparative Literature en 1991. En France, il est professeur à l'université du Maine (1989-1990), puis à l'université Paris IV-Sorbonne (1994-2006).

    Depuis 2006, il occupe au Collège de France la chaire de « Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie ». Il fait partie, entre 2006 et 2011, du Haut Conseil de l'éducation et, entre 2006 et 2013, du Haut Conseil de la science et de la technologie.

    Pendant l'été 2012, il propose une chronique quotidienne sur France Inter sous le titre Un été avec Montaigne accompagnée des lectures du comédien Daniel Mesguich. Cette chronique donnera lieu à la publication d'un ouvrage qui constituera un grand succès de librairie de l'été suivant. Il revient sur cette station dans le cadre de la grille d'été 2014 afin d'assurer une chronique intitulée Un été avec Baudelaire.

    En 2014, ses propos sur la féminisation de l'enseignement (« La féminisation massive de ce métier a achevé de le déclasser, c'est d'ailleurs ce qui est en train de se passer pour la magistrature ») lui ont valu de vives réactions dans les médias. Il s'en est expliqué peu après.

     

    Œuvres :


    Récits :
    Le Deuil antérieur, roman, Seuil, coll. Fiction et Cie, 1979.
    Ferragosto, récit, Flammarion, 1985 : « Que reste-t-il de la passion dans l'érotisme, le partage à trois, la jalousie ? Un couple moderne cherche la réponse au cœur des fêtes sensuelles qui le mène de ville en ville. »
    La Classe de rhéto, Gallimard, 2012 ; Folio, 2014.
    L’Âge des lettres, Gallimard, 2015.


    Essais :
    La Seconde Main ou le travail de la citation, Seuil, 1979.
    Nous, Michel de Montaigne, Seuil, 1980.
    La Troisième République des Lettres, Seuil, 1983.
    Proust entre deux siècles, Seuil, 1989, rééd. 2013.
    Les Cinq Paradoxes de la modernité, Seuil, 1990.
    Chat en poche : Montaigne et l’allégorie, Seuil, 1993.
    Connaissez-vous Brunetière ? Enquête sur un antidreyfusard et ses amis, Seuil, 1997.
    Le Démon de la théorie, Seuil, 1998.
    Baudelaire devant l’innombrable, PUPS, 2003.
    Les Antimodernes, de Joseph de Maistre à Roland Barthes, Gallimard, 2005, prix Pierre-Georges Castex de l'Académie des sciences morales et politiques, prix de la critique de l'Académie française.
    La Littérature, pour quoi faire ? Collège de France / Fayard, 2007.
    Le Cas Bernard Faÿ. Du Collège de France à l'indignité nationale, Gallimard, coll. « La Suite des temps », 2009.
    Un été avec Montaigne, France Inter / Éditions des Équateurs, 2013 (ISBN 978-2849902448)
    Une question de discipline, entretiens avec Jean-Baptiste Amadieu, Flammarion, 2013.
    Baudelaire l'irréductible, Flammarion, 2014.
    Un été avec Baudelaire, France Inter / Éditions des Équateurs, 2015.
    Le Collège de France. Cinq siècles de libre recherche, avec Pierre Corvol et John Scheid, Gallimard, 2015.
    Petits Spleens numériques, Éditions des Équateurs, 2015.


    Ouvrages collectifs :
    De l'autorité. Colloque annuel du Collège de France, Odile Jacob, 2008.
    Proust : la mémoire et la littérature, Odile Jacob, 2009.
    Morales de Proust, en collaboration avec Mariolina Bertini, Cahiers de Littérature française, n° 9-10, 2010.
    1966, annus mirabilis. Actes du séminaire donné au Collège de France, Fabula LhT, n°11, 2013 et Acta fabula, vol. 14, n° 9, 2013.
    Swann le centenaire, en collaboration avec Kazuyoshi Yoshikawa et Matthieu Vernet, Hermann, 2013.
    Antoine Compagnon a édité Du côté de chez Swann dans la collection « Folio » (Gallimard, 1988), Sodome et Gomorrhe dans la « Pléiade » et « Folio » (Gallimard, 1988 et 1989), ainsi que les Carnets de Proust (Gallimard, 2002), Réflexions sur la politique (Laffont, « Bouquins », 2007) et Réflexions sur la littérature (Gallimard, « Quarto », 2007) d'Albert Thibaudet, La Grande Guerre des écrivains (Gallimard, « Folio », 2014).

    Il est membre des comités de rédaction de Critique, The Romanic Review, Bulletin de la Société des amis de Montaigne, The French Review, Études françaises, Genesis, Technè, L'Année Baudelaire, Revue d'histoire littéraire de la France, Le

     

     

     

    Antoine Compagnon * prix Aristote

    Le professeur Antoine Compagnon a un parcours universitaire important. Il est né en Belgique et il s’est d’abord orienté vers les études d’ingénieur pour se consacrer finalement aux études littéraires.
    Car le goût des lettres a toujours été présent chez lui : « La curiosité de la langue a été ma plus constante boussole au travers de nombreux méandres » avoue-t-il à Jean-Baptiste Amadieu, dans Une question de discipline . Le nouveau roman, Le Rouge et le Noir, Proust, et les maîtres à penser, Althuser, Deleuze, Foucault, Lacan, Barthes le mènent à travers les chemins signalés par cette boussole.
    Il devient Professeur à l’Université de Paris-Sorbonne et à l’Université de Columbia à New York et il est maintenant professeur au Collègue de France à la chaire, créée pour lui, de « Littérature française, moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie ».
    Vaste sujet qui résume très bien les inquiétudes et les préférences d’Antoine Compagnon. Son regard critique s’est promené sur presque tous les auteurs importants de la littérature française, mais il faut remarquer surtout ses études sur Montaigne, Baudelaire et Proust, et c’est précisément Baudelaire, dont il publia en 2014 le livre, Baudelaire l’irréductible qui nous le rend particulier cher au cénacle européen et à cause de lui, nous avons pensé à le proposer pour le prix Aristote…Il devient ainsi un cénaclien de choix.
    Il est difficile de rendre compte de ses publications mais nous voudrions souligner l’importance d’ouvrages comme La Seconde Main ou le travail de la citation, 1979, La Troisième République des Lettres, 1983, Les Cinq paradoxes de la modernité, 1990, Le Démon de la théorie, 1998, Les Antimodernes, de Joseph de Maistre à Roland Barthes, 2005 ainsi que signaler ses éditions critiques de Proust publiées à la Bibliothèque de la Pléiade.
    À part ses travaux littéraires et critiques, il remplit plusieurs fonctions, parmi lesquelles je vais en remarquer une qui m’est très chère : il est le président de l’Association Internationale d’Etudes Françaises. Notre ami Giovanni Dotoli et moi-même en faisons partie et nous pouvons témoigner de son dévouement et de son travail à la tête de cette association.
    Antoine Compagnon nous dit dans l’Avant-Propos à son livre sur Baudelaire qu’il a intitulé ses leçon sur lui au Collègue de France comme « Baudelaire moderne et antimoderne ». Et il ajoute, « les deux expressions étaient synonymes dans mon esprit et désignaient l’ambivalence essentielle du poète des Fleurs du Mal et du Spleen de Paris, sa « dualité » ou sa « réversibilité ». » Car Baudelaire fut attiré et repoussé par le monde moderne, tout en étant l’inventeur de la « modernité ». Et Compagnon analyse les rapports du poète avec la presse, avec la photographie, avec la ville et avec l’art. Et cela lui permet de démontrer la thèse énoncée dans la citation que nous venons de commenter. Baudelaire émerge devant nous comme le grand poète qu’il fut, contradictoire et hésitant, mais toujours capable d’élire la position juste comme il trouvait le mot juste.
    Je ne veux pas terminer cette brève présentation sans mentionner un autre aspect du parcours intellectuel d’Antoine Compagnon qui me tient spécialement au cœur : il s’agit de sa création. Nous lui devons des romans ou des récits- car à la manière de Gide, il est difficile de trouver pour ces créations le mot exact- très intéressants qui oscillent entre la autobiographie et la fiction : Le deuil antérieur, 1979, Ferragosto, 1985 et La classe de rhéto, 2012. Là, on bascule de l’homme à l’artiste, mais toujours pointe, à travers ces pages, l’amour de l’art et de la création littéraire.
    Cher Antoine, vous méritez largement ce prix Aristote qui vous ouvre aujourd’hui les portes du Cénacle Européen Francophone. Soyez le bienvenu parmi nous !

    (1) Antoine Compagnon, Une question de discipline, entretiens avec Jean-Baptiste Amadieu, Flammarion, Paris, 2006.

    (2) Antoine Compagnon, Baudelaire l’irréductible, Flammarion, Paris, 2014, p. 7.


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