• Prix Botticelli

     

    Prix Botticelli

     

    PRIX  BOTTICELLI

    (livre d'art)

    2016

    Prix Botticelli

     

    Prix Botticelli

    Prix Botticelli

    Prix Botticelli

     FRÉDÉRIC  VOISIN

     

    Prix Botticelli

     

    "Livre d'Art"

     

    Frédéric Voisin est né en 1957 à Paris. Représenté par la galerie Arts Factory, Paris. Diplômé de l’école nationale supérieure des arts appliqués à Paris, puis d’un master of art de gravure au Camberwell college of art de Londres, il commence sa carrière en 1981 comme illustrateur de presse. Après un séjour en Jamaïque en 1982 ou il réalise une fresque murale pour le youth club du chanteur Burning Spear, il crée une série de linogravures sur le thème du reggae, dont certaines feront l'objet de couvertures de disques (Burning Spear, Alpha Blondy) et affiches de concert. Dés 1983, pionnier de l'image par ordinateur, il est un des rares artistes à utiliser le macintosh avec lequel il réalisera nombre de créations et d'expositions. En 1985 il intègre la galerie Christophe avenue Matignon ou il y présente ses peintures « électroniques » . En 1990, il part s'installer à Londres où il travaillera pour la presse rock (New Musical Express, Straight no Chaser, DJ magazine, etc.) et il réalisera également des couvertures de disques pour des labels indépendants. En 1995, les organisateurs des Trans-Musicales de Rennes le contactent pour la création de l'affiche du festival. Il crée également des décors de scène pour le festival Glastonbury (Angleterre), il réalisera par la suite en 2003 une fresque murale de 45 m x 4,50 pour le festival Roskilde (Danemark ).
    En 2000, de retour en France, Frédéric Voisin s'installe à Reims et continue d'explorer les domaines de l’estampe et, en particulier, son domaine de prédilection, la gravure sur lino qui découle de la technique de la gravure sur bois, lui permettant ainsi de jouer de traits cursifs. Dès lors, il explore les gravures des grands maîtres (Albrecht Dürer, Martin Schongauer, Lucas Cranach...) qui le passionnent. En 2009/2010 il illustre l’Apocalypse de saint Jean et l’expose auprès de celle d’Albrecht Dürer au musée Le Vergeur à Reims. Reprenant les codes de l’iconographie des maîtres anciens, alliés à une technique issue du Moyen Âge et de la Renaissance, Frédéric Voisin use de cette technique pour traduire sa vision critique du monde actuel, matérialiste, vaniteux et doté d’une pensée unique.
    En 2012, il expose sa nouvelle série « Memento Mori » à la bibliothèque Carnegie de Reims qu'il présente également en 2013 au musée de la halle st. Pierre à Paris dans le cadre de l'exposition HEY! Part II et en 2014 à Aix en Provence au musée des tapisseries dans le cadre du festival rencontres du 9ème art.
    En 2015, il intègre la troupe de théâtre Hey! La C° pour laquelle il réalise les décors constitués de linogravures animées en direct.
    En mars 2016 le musée des beaux-arts de Châlons-en-Champagne lui consacre une exposition monographique qui regroupe la totalité de son œuvre gravé (1982-2015).

     

     

    Expositions Monographiques depuis 2010 :

    2010 :
    -Musée Hôtel le Vergeur « Deux visions de l’Apocalypse A. Dürer / F. Voisin », Reims 2010

    2011 :
    -« La fresque de l’Apocalypse » dans la nef de la Cathédrale de Reims 2011
    -Festival Chimeria « Création et Apocalypse », Sedan 2011

    2012 :
    -Musée de l’Abbaye St. Léger, « L’Apocalypse, les Vanités, les Dévoreuses d’âme », Soissons 2012
    -« La fresque de l’Apocalypse » dans la nef de la Cathédrale de Laon 2012


    2013 :
    -« Memento Mori - Enfers et Damnation », Bibliothèque Carnegie, Reims 2012-2013
    -HEY ! « Modern art & Pop culture #2 » Musée de la Halle Saint Pierre, Paris 2013
    -« En têtes » Espace Topographie de l'art, Paris 2013
    -« Apocalypse » Librairie du monte-en-l'air / Eglise ND. De la croix, Paris 2013
    -« L 'Apocalypse à Clairvaux, abbaye de Clairvaux. Juillet /septembre 2013
    - « Rétrospective, musée de l'Ardenne, Charleville Mézières. Octobre /novembre / decembre2013

    2014 :
    - « œuvre gravé », musée des tapisseries, Aix en Provence (rencontres du 9ème art).
    Mars / avril / mai 2014
    -« Starring the Space Monsters », Librairie du monte-en-l'air Paris 2014 septembre

    2015 :
    -« HEY! La C° » - Réalisations de décors projetés dans le cadre de l'exposition « Tatoueurs Tatoués » théâtre du musée du quai Branly février 2015
    -« Mixed Media » 3W Gallery, Reims
    -« Sérigraphies /Linogravures» Galerie Arts Factory Paris septembre 2015
    -Mozaïque – Pont Ste. Marie, octobre (Aube).

    2016 :
    -Exposition monographique au musée des beaux arts et d'archéologie de Châlons-en- Champagne du 05 mars au 06 juin.

     

     

      

    Frédéric Voisin, une mémoire pour le futur.

    Le hasard qui n’existe pas, aura voulu que deux serviteurs des arts Frédéric Voisin graveur et Marie Vidal photographe issus de la Champagne, ne se connaissant pas, soient aujourd’hui lauréats des grands prix du Cénacle Européen des Arts et des Lettres francophones. Evidement avec des techniques bien différentes mais gravitant dans des sphères similaires et traitant des sujets ayant entre eux des liens, car derrière chacune de leur œuvre se dévide le fil du sacré et de la spiritualité. L’un en incisant le rendu de l’image, l’autre en le saisissant. Aujourd’hui je ne le voilerai pas, je suis très touché de présenter bien succinctement le peintre graveur Frédéric Voisin. Il est d’ailleurs difficile de prétendre pouvoir le faire, car le parcours de ce créateur des plus authentiques est vaste, pluriel et assez alambiqué si l’on veut consacrer une à une étude plus sérieuse et détaillée. Ici ce ne sera pas le cas, loin s’en faut. Personnellement attentif à l’évolution créative de Frédéric Voisin depuis plus d’une décennie, j’avoue que c’est assez frustrant de ne pas pouvoir vous permettre d’apprécier l’œuvre de cet artiste plus en profondeur. Néanmoins si vous êtes intéressés, il vous sera toujours possible ultérieurement de vous rapprocher de son travail. Une qualité première chez notre ami, il est un travailleur inconditionnel, infatigable, très opiniâtre quant à l’objectif fixé. En toute franchise j’ai connu peu d’artistes aussi assidu à son travail, certes il y en a et pas les moindres c’est évident c’est la marque des grands. Le résultat est indéniable ! Soulignons cependant que son parcours artistique que je ne ferai que survoler au plus juste est assez atypique. Après l’école supérieure des Beaux Arts de Paris, il deviendra illustrateur dans le domaine musical, principalement rock, reggae, dans l’environnement et la mouvance Bob Marley, ce qui le conduisit d’ailleurs quelques temps vers la Jamaïque. Il exécutera affiches, illustrations, pochettes de disques etc. Aujourd’hui si le graveur, à juste titre est plus particulièrement reconnu, il est à noter que Frédéric Voisin à son retour de Grande Bretagne où il travailla une dizaine d’années toujours dans l’environnement graphique du spectacle, traversa une période très intéressante d’expression abstraite dont il possédait parfaitement le métier et les techniques, d’ailleurs j’ai toujours une grande admiration pour son œuvre abstraite où l’expérience au niveau des traitements de la matière, vibrations étonnantes, des fulgurances est bien perçue dans les milieux de l’art. Car dans son métier de peintre comme dans celui de graveur ou linograveur, Frédéric Voisin est un perfectionniste inconditionnel.
    Revenons à la gravure objet de ses livres auxquels il doit aujourd’hui ce prix si révélateur pour lui le Botticelli 2016.
    A ce propos je rappellerai que c’est en Grande Bretagne qu’il passa son master d’art de la gravure à Camberwell Collège d’Art de Londres.
    Frédéric Voisin est d’un esprit très curieux, éclectique et avide de connaissance, il se passionne pour mille et une choses, la musique allant de Gesualdo, du grégorien au hard rock, il me semble que sa discothèque doit pouvoir rivaliser avec celle de la Maison de la Radio. Les antiquités, les livres, les objets insolites l’enchantent, il y a dans son atelier l’esprit du cabinet de curiosité. Resituons-nous autour de ce qui nous rassemble ici, l’Art. Depuis toujours son histoire passionne Frédéric Voisin au sens le plus large, l’art primitif ou premier auquel il s’essaya par quelques sculptures dites « art récup » jusqu’aux réalisations les plus contemporaines, hormis peut-être certaines insipidités conceptuelles dont nos brillants détendeurs d’un quelconque art officiel se délectent. C’est là un autre débat. Mais son petit jardin secret s’oriente plus précisément vers le moyen-âge et aussi la renaissance, Dürer, Cranach, Schongauer, Breughel l’Ancien, Bosch etc. Son premier clin d’œil de graveur fût adressé à Dürer. Il ne manque pas d’audace celui-là allez vous me rétorquer !
    Et bien non il ne manque pas d’audace, Frédéric Voisin est un créateur besogneux et perfectionniste, c’est ainsi qu’il s’attaqua à l’Apocalypse, vaste sujet qu’il traita en seize planches N&B et couleur. Une exposition fût montée en 2010 au Musée le Vergeur et excusez du peu, ses gravures furent présenter en parallèles à celles de Dürer, comme comparaison de deux visions face à face sur le même thème, celle du XVI siècle et celle du XXI ème siècle.
    Vous pouvez me croire l’harmonie fût parfaite, Dürer a trouvé le bon compagnon, celui exactement qu’il attendait depuis quelques siècles.
    Frédéric Voisin n’en stoppa pas pour autant son élan et se lança un nouveau défi avec les « Vanités » un genre souvent traité au XVII ème siècle en particulier et qui permet comme Saint Jérôme de reconsidérer philosophiquement ou théologiquement la vulnérabilité et l’éphémère de l’homme ayant bien besoin de redescendre de son piédestal. N’oublions pas non plus les « Dévoreuses d’âme » Puis se succéderont d’autres défis et non les moindres avec « Memento Mori » souviens-toi que tu dois mourir, « Enfers et Damnation » et cerise sur le gâteau « La tour de Babel. » Une œuvre majeure tant par sa thématique que par son format, qui nous resitue dans le contexte actuel d’une société quelque peu éculée et en dérive. Son œuvre est exposée très régulièrement dans les lieux les plus prestigieux et appropriés, musées, abbayes, cathédrales etc. En ces espaces d’histoire et de mémoire l’œuvre de Frédéric Voisin trouve sa juste dimension, ces hauts lieux lui sont destinés. Christian Moorbergen, éminent critique d’art, parle de l’infernale technique de Frédéric Voisin, il voit en lui un puissant « calligraphe » de l’espace, je dirais plutôt un graphiste, où les signes ont symboliquement une extension à l’infini. Le cœur et l’esprit se tournent nous l’avons dit vers les grands maîtres anciens, mais plus proches de nous aussi comme Doré, Redon et même Friedlander. Mais sa création se veut absolument contemporaine, dans le plus grand respect de l’art et du métier. Surtout ne cherchez pas chez Frédéric Voisin une quelconque trace de laxisme, ni un désengagement, vous y perdriez votre temps. Christian Moorbergen y voit aussi, opacité, transgression face à la danse macabre, intemporalité mettant l’art à l’épreuve des contraires, ce qui pourrait très bien nous conduire vers une sorte de miracle de la lumière, la gravure alternant toujours entre les vides et les pleins, les blancs et les noirs.
    L’historien médiévaliste bien connu et reconnu Patrick Demouy, use d’une métaphore de l’un de ses confrères du XII ème siècle, Bernard de Chartre pour donner symboliquement encore plus de hauteur à l’œuvre de Frédéric Voisin : « Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants. Nous voyons ainsi davantage et plus loin.../... » Il le rapproche également de Beatus de Lièbana un moine du VIII ème siècle qui traita et traduisit l’Apocalypse. Mais indéniablement Dürer, Breughel l’ancien, Bosch ne sont jamais très loin.En ces périodes de « Reconquista » Patrick Demouy voit dans les gravures de Frédéric Voisin une vision prémonitoire, une sorte de mise en lumière, un peu à la manière des moines enlumineurs qui s’exprimaient avec certitude et sérénité cherchant toujours à faire transcender par l’image l’élan du cœur et de la foi. Ce qui pourrait plutôt nous paraître rassurant dans ce constat de la progression d’une ombre inquiétante, des fanatismes et intégrismes de toutes obédiences, générant un retour vers l’obscurantisme. Conclusion Frédéric Voisin se voudrait dans l’expression de son art, plutôt sécurisant, mais lucide, la sage expérience de l’histoire n’étant qu’une grande inutilité à la réflexion des hommes tout drapés qu’ils sont dans leurs démesures et suffisances tentaculaires, plus que jamais « Babel » est d’actualité.
    Mais le simple fait de revisiter « l’Apocalypse » et « Memento Mori » nous interroge.
    L’art n’est-il pas là pour soulever les questions essentielles sur notre existence, notre devenir.
    N’est-il pas ce grand puzzle qui restitue un sens à la vie ?

    Michel Bénard.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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