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    CV du photographe Charles Ciccione

    (1912 - 1998)

      Ciccione

     

    CHARLES CICCIONE, photographe

     

    Charles Michel Toussaint est né le 10 mai 1912 à Marseille, il est issu d'une famille de minotiers d'origine italienne installée en France bien avant 1880. Son père meurt à la guerre en 1918. Scolarité à l’école technique militaire de Tulle, cours à l’École Estienne, au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, puis à l’école de photographie à l’Institut d’optique de Paris. Premier contact avec la photographie, une photo primée en 1930 au concours du Touring Club de France. Travaille dans diverses sociétés en tant que dessinateur et photographe jusqu'à la guerre. Après le guerre et jusqu’en 1953, chef du laboratoire photo à la Société nationale aéronautique.Photographe aux Éditions Flammarion à Paris de 1954 à 1961, parallèlement exécute des travaux de photographies archéologiques de Mari en Mésopotamie pour le conservateur du Musée du Louvre, commence à créer des photos pour l’agence de presse Rapho en 1955, de 1962 à 1968, il est photographe à la Société de documentation à Paris. Artisan photographe à Paris de 1968 à 1977 (illustrations des livres d’Yvan Christ aux Éditions Balland, reportages photos des gisants et tombeaux de la Basilique Saint-Denis, photographies champêtres et rurales dans toute la France pour l’agence Rapho dont il fut l’un des piliers,il illustre des livres et immortalise Mauriac ou Troyat. Ses clichés paraissent sur des affiches, pochettes, disques, calendriers, journaux et revues, de Life à l’Express, avant Télérama, Sciences et avenir ou l’Évènement du jeudi, il photographie les peintures de Dunoyer de Segonzac ou les sculpteures de Paul Belmondo. Ami et collaborateur de Robert Doisneau, Sioen, Silvester , Willy Ronis, Yamashita, la suisse Sabine Weiss, Édouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier, Jean Dieuzaide, Jeannine Niepce, René Maltête…..pour la plupart du courant de la photographie humaniste, courant des années 1950 à 1960, Charles Ciccione laisse un patrimoine photographique considérable et permet d'imaginer la richesse thématique des livres du photographe disparu. Humaniste et poète, Charles Ciccione était un arpenteur de la société. Avec son affection pour les ambiances des quartiers populaires, d'ateliers ou de fermes, l'auteur nous transmet de véritables moments de bonheur. Son oeuvre est décidément bel et bien un outil indispensable pour faire vivre la mémoire qu'elle soit individuelle ou collective. Il décède le 24 février 1998 à Périgueux à l’âge de 85 ans.Une de ses dernières photos imllustre notre ancien billet de 200 F. Son fils Michel Ciccione est toujours présent pour faire connaitre l'oeuvre de son père et organise des expositions en sa mémoire.

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    L'agence Rapho connue pour la qualité, la diversité et la renommée de ses auteurs-photographes, figure parmi les agences les plus célèbres au monde. Créée en 1933 par Charles Rado, fermée pendant la guerre puis rouverte en 1947 par Raymond Grosset, elle est aussi l'une des plus anciennes agences de presse photographique. Elle a souvent joué un rôle de précurseur dans de nombreux domaines comme celui de la défense des droits des photographes. Elle représente certains des plus grands auteurs humanistes français qui ont marqué l'histoire de la photographie tels que Robert Doisneau, Willy Ronis, Sabine Weiss, Edouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier, Janine Niepce, Charles Ciccione. Parallèlement, Rapho a su fédérer une équipe de photographes contemporains tous animés par la passion du voyage, de la variété des cultures et des visages du monde. Leurs travaux publiés dans le monde entier, sont présents dans tous les domaines (presse, publicité, expositions culturelles, édition, entreprises) et sont régulièrement récompensés par les prix les plus prestigieux.

    L'agence Rapho a été intégrée à l'agence Gamma, première agence d'image européenne


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      vous trouverez ci-dessous le discours au vernissage de l'exposition consacrée à :

     

    Charles Ciccione

    pêcheur de lumière et illusionniste intemporel…

     

    Aujourd’hui, nous sommes au cœur d’une journée d’une rare qualité, un instant prestigieux pour la société des Poètes français que de pouvoir accueillir sur ses cimaises, les œuvres d’un très grand photographe, Charles Ciccione.

    Pour ceux à qui ce nom n’évoquerait rien de particulier, sinon une belle musicalité italienne, il me semble nécessaire de replacer la situation dans son contexte.  

    Avoir ce privilège de pouvoir découvrir en ce lieu les œuvres de Charles Ciccione équivaut à une rencontre avec l’un des principaux photographes du XX ème siècle témoin de son temps.

    Un petit survol de son remarquable parcours s’impose, avec une carrière de photographe qui débute dès 1932 après avoir remporté un concours.

    1932 !... Tout un symbole au prélude social en gestation qui explosera en 1936, dont Charles Ciccione en sera le témoin.

    Très rapidement son talent de photographe va être reconnu, il travaillera vite pour des éditeurs, pour Flammarion entre autres, et peut-être est-ce aujourd’hui le petit clin d’œil d’un retour aux sources, car comme vient de me le confier à l’instant un ami de Charles Ciccione, il travaillait dans le quartier Latin où nous sommes, et qui était celui des plus grands éditeurs. Ainsi nous demeurons fidèles à la tradition.

    Notre jeune photographe va œuvrer pour l’illustration de livres, il réalisa des portraits d’auteurs, c’est ainsi qu’il sera conduit à faire des reportages autour de François Mauriac, Henri Troyat, pour ne citer qu’eux.

    Passionné d’art photographique au plus haut degrés, mais également ambitieux par son appartenance à une famille italienne émigrée, il va créer son propre laboratoire, et au fil de ses pérégrinations il va réaliser des milliers de prises de vues, allant du reportage traditionnel et scientifiques, du portrait et des mariages également, il faut bien améliorer l’ordinaire, jusqu’aux clichés artistiques les plus élaborés et aboutis qui vont le révéler au travers des grandes agences de l’époque, comme Rapho par exemple et qui vont placer Charles Ciccione parmi les plus grands photographes, qui seront le plus souvent ses amis et ses complices tels Doisneau, Niepce, Lartigue, Brassaï, Ronis, Yamashita, Sylvester etc.…

    Ainsi, ses photographies seront publiées régulièrement, affiches, calendriers d’art, pochettes de disques, couvertures de livres, mais aussi dans d’importants journaux, de célèbres revues, l’Express, Life, Marie-Claire, La Vie catholique, Paris Match, le Canard enchainé, Science & Avenir, la liste n’est pas exhaustive loin s’en faut.

    Souvent aussi il photographia  les œuvres d’artistes comme le peintre Dunoyer de Ségonzac, le sculpteur Paul Belmondo, en vue de réalisation de livres d’art.   

    Il exerça également son talent pour le Louvre, l’archéologie et traita diverses thématiques comme Paris, ses rues, sa vie, Saint Germain des Prés, la côte d’Azur et bien d’autres sujets.

    Ce sera aussi plus de mille photographies pour les gisants des rois et reines de l’abbaye Saint Denis, d’où naîtra un merveilleux ouvrage, qui déboucha sur une grande exposition qui remporta un succès très important.

    Mais après cet éblouissant parcours qui évolua sur toute sa vie, le bonheur nous est donné aujourd’hui de nous rapprocher un peu de ce pêcheur de lumière et illusionniste temporel.  

    Il a peint la vie au regard de son objectif, il a toujours saisi l’instant fugitif, il pérennisa le quotidien, reconstituant sous des angles différents les méandres des chemins humains.

    Tous ces grands photographes passionnés par le souffle éphémère de la vie, sont les archivistes de la mémoire, les conservateurs du temps, qui réveillent en nous parfois de nostalgiques, mais combien merveilleuses émotions.

    C’est véritablement un florilège poétique, l’image survole le verbe, le transcende, elle prend une signification symbolique et universelle, pareille à la musique la barrière de la langue ici

    n’existe plus ! N’est-il pas poignant de découvrir ces «  deux philosophes des bancs publics » (photo) débattre sous les étoiles à bâton rompu d’une probable amélioration de la condition humaine.

    Combien est-il touchant ce « jardinier sortant de chez Vilmorin » (photo) qui pourrait tout à fait être mon grand-père, essayant sa belle faux toute neuve sur les pavés des grands boulevards. Des touches de souvenirs parsèment les cimaises, le romantisme de la Seine ou du canal Saint-Martin habillés brumes automnales.

    La tragédie  ou l’insouciance de clochards cherchant dans le fond d’un litre de vin rouge la chaleur d’un soleil paradisiaque plaçant un peu de couleur sur ces destins brisés. Paris, ses rues, ses places à l’époque ou elles sentaient encore les feux de bûches et de charbon, où les rémouleurs, vitriers, chanteurs de rue, orgues de barbarie et marchands des quatre saisons donnaient de la voix, des nuances et des senteurs à ces quartiers populaires.    

    C’était le temps ou les peintres du Dimanche plantant leurs chevalets au chevet de Notre Dame, sur les quais de Seine, sur le pont des Arts et sur la butte Montmartre se prenaient à rêver qu’ils étaient des Utrillo, Lorjou, Dunoyer de Ségonzac ou Picasso !  

    Alors un grand merci à Michel Ciccione et à ses sœurs d’avoir accepté de nous faire l’honneur de nous permettre de présenter les œuvres merveilleuses de ce grand magicien de l’image et protecteur du temps qu’était Charles Ciccione, qui ont déjà provoqué bien des enthousiasmes et des commentaires éblouis en cet Espace Mompezat.

    Oui, toutes ces photographies sont de véritables poésies de vie, elles imposent le recul, provoquent la réflexion et l’interrogation sur l’aspect éphémère de notre passage terrestre, elles se font cette résonance qui nous invite à prendre notre essor vers la beauté, en resacralisant l’image.  

    Charles Ciccione aura cueilli la lumière de son destin à l’éclat de la chute d’une étoile filante.


      (Espace culturel Mompezat, le samedi 15 septembre 2007 * Paris * Quartier latin)


     Michel Bénard

    chevalier des Arts et Lettres      

    lauréat de l'Académie française    

     

     

     

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      Quelques oeuvres photographiques :


    allumeur

      balayeur

     

    coiffeur Horloge

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    Ce Prix européen récompense un photographe dont l'oeuvre est reconnue en Europe

    et qui présente pour ce Prix un livre d'artiste de photographies de grande qualité.

     

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