• Prix Michel Ange

     

     

    Prix Michel Ange

    PRIX MICHEL ANGE

    2019

    Prix Michel Ange

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     ROME  DEGUERGUE

    Prix Michel Ange

     

     

    Prix Michel Ange

     

    Les poésies (à la lisière de la proésie et du narratoème) proposées dans le recueil Girondine sont le fruit de cueillettes de sensations ; d’Accents de Garonne rythmés par le vibrato du sentiment océanique, vaste Appel du large, recueillis au cours de longues proménadologies réflexives s’égrainant, sans chronologie topographique particulière, de l’enfance à l’âge adulte, en des lieux éprouvés de la Blonde Aquitaine à l’horiz-o-céan infini… Ces textes sont accompagnés d'un Essai, d'un Lexique et de Photographies en noir & blanc de Patrice Yan Le Flohic, alias PYLF. Girondine a été publié en 2018 aux éditions belges, Traversées.

     

    Prix Michel Ange

     

    Née le 8 décembre 1952 à Armentières en Flandre romane dans l’Houtland (Hauts de France), après avoir grandi en Sarre, vécu son adolescence en Aquitaine puis pérégriné durant deux décennies en Europe, en Arabie, en Iran, aux USA, Rome Deguergue, de mère allemande, italienne et de père français a regagné la Nouvelle Aquitaine, (en frange du Bassin d’Arcachon) afin de se consacrer à l’écriture en langue française (devoir & pouvoir de mémoire, taraudée par le second conflit mondial, géo-poésie…), à la traduction et à la création d’Ateliers De Plein Air – Champs de géo-poésie, dispensés en direction de jeunes publics et de publics migrants apprenant la langue française de par l’Europe. L’écriture de Rome Deguergue – pour laquelle elle reçoit diverses reconnaissances est égrainée depuis 2003 dans plus de trente titres en des genres pluriels tels : p(r)oésie, narratoème, géo-poésie, entretiens, essais, nouvelles, contes, théâtre – est pour part traduite en plusieurs langues, étudiée dans des collèges, lycées et universités européennes, où elle fait notamment l’objet de travaux de recherche. Site : http://romedeguergue.wordpress.com 

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    Ce retour imprévu autant que non programmé de Rome Deguergue parmi nous pour cette remise du prix Michel-Ange 2019 est pour moi un bonheur que je ne saurais dissimuler au nom d’une déjà longue amitié et de souvenirs personnels et poétiques qui nous lient encore. Entre autres, un ouvrage à quatre mains et deux plumes « Androgyne » aux Editions des Poètes français.  

    Durant une époque qui n’est pas si lointaine, Rome Deguergue était de l’autre coté du comptoir à nos cotés en tant que conseillère culturelle, aujourd’hui c’est la lauréate que nous accueillons parmi nous. 

    Mon intention n’est pas d’abuser de la longue et singulière biographie de Rome Deguergue, car la dame est hyper active, tant dans son œuvre littéraire multiple et variée que sur le plan des relations sociales et humanistes liées au mouvement géopoétique cher à Kenneth White avec un atelier de poésie pour jeunes et moins jeunes en plein air aux sources de toute la vie poétique naturelle et originelle. 

    Sa manière à elle de lire les lignes de la terre donc celle de la vie. 

    Rome Deguergue est née dans le Nord de la France, donc un peu ch’timi par le père, mais un tantinet latino-germanique du coté de la maman et là croyez-moi le cocktail est détonnant. 

    Avide de connaissance, d’ouverture, de culture et de vision amplifiées sur le monde, notre amie voyagea très tôt dans de nombreux pays d’Europe dans les pays du Moyen-Orient et en Amérique du Nord tout en poursuivant ses études de lettres et de langues, ayant pour objectif la traduction trilingue. 

    Durant quelques temps, elle collabora aux travaux de notre compagnon, ami et professeur Giovanni Dotoli et connaissant l’amplitude active de ce dernier, la tâche n’était pas de tout repos. 

    Puis peu à peu, elle fit éditer son œuvre importante écrite principalement en français mais reprise par de nombreuses traductions. 

    Au nom de notre amitié et de la qualité globale de son œuvre, j’ai déjà écrit beaucoup sur ses travaux littéraires et je me souviens plus en particulier d’un livret théâtral : « A bout rouge » tout à fait digne de la période provocatrice du dadaïsme, pour tout vous dire, cet ouvrage m’a littéralement mis à bout de souffle. 

    Simplement, je survolerai le chapitre des reconnaissances et distinctions, car ici aussi la liste est pléthorique, Rome Deguergue est une boulimique du travail de la mouvance Giovanni Dotoli, mais je ne manquerai pas de rappeler le grand prix Virgile, le prix Montaigne, le Grand prix de la Société des Poètes Français, le grand prix de la fondation Foulon de Vaulx, le prix Ardua, sans oublier quelques médailles que nous sommes allés cueillir ensemble à l’Académie de Lutèce. 

    Mais revenons plus précisément à ce prix Michel-Ange couronnant un ouvrage poétique illustré. L’ouvrage concerné aujourd’hui est « Girondine » publié en Belgique aux éditions Traversées de notre ami Patrice Bréno ayant reçu ici même le prix Calliope.  

    En ce qui concerne « Girondine » les illustrations dominantes sont des photographies, mais pas de quelconques photographies puisqu’il s’agit ici des travaux de Patrice Yan Le Flohic, appelé PYLF par ses amis proches qui est l’un des hommes les plus discrets que je connaisse mais pétri de talent, géologue de formation, peintre, illustrateur, pictotofographe et photographe. Nous reviendrons vers lui. 

    « Girondine » est une œuvre en marge et au cœur de la poésie, porteuse d’un chemin en proximité de la proèsie et très proche du narratoème très poétique également car lorsque l’on est adepte de la goépoésie, il est difficile de s’en libérer. Là, nous en sommes au cœur car il y a intercommunication entre prose, poésie et images parfaitement appropriées.    

    Certains vont pompeusement nous proposer des voyages sur le Congo, le Nil, le Gange ou le Saint Laurent, non, Rome Deguergue, elle, nous suggère plus modestement une petite croisière sur la Gironde, son fleuve et sa terre d’adoption éponyme, car nous sommes toujours en exil de quelque part ou l’exilé pour quelqu’un. 

    Sans vouloir faire l’apologie de l’ouvrage, nous pouvons nous en rapprocher. 

    Le voyage commence sur un quai de la Gironde à proximité d’un pont ancien, poésie riche et soignée nourrie de singulières images et par un clin d’œil outre-Atlantique vers la statue de la Liberté. 

    Les clichés de Patrice Yan Le Flohic cohabitent magnifiquement avec les textes, prises de vue délicates, simples mais gorgées de poésie, d’émotions évocatrices où le noir et blanc règnent, ce qui ne saurait nous déplaire, toute la densité est là.     

    Rome Deguergue quant à elle, nous offre une poésie d’observation, de comparaison, elle est ancrée dans le terroir, selon ses concepts, elle géopoétise allégrement, sa poésie sent l’air iodé, l’eau saumâtre, l’anguille et l’alluvion, mais également les forsythias, la résine et les parfums de Dame Aliénor d’Aquitaine, rappel d’une époque lointaine où déjà les anglais soulevaient quelques dissonances. Une poésie pérégrine où souffle l’esprit divin de 

    Saint-Jacques-de-Compostelle. 

    Le terme de géopoésie est ici parfaitement approprié, car cette œuvre tinte et résonne avec le concept humain de Kenneth White. 

    L’expression de Rome Deguergue est un composite entre prose et poésie, narration et poème. 

    Mais que serait « Girondine » sinon une œuvre inachevée sans l’intervention de ce si délicat « œuvrier » d’images Patrice Yan Le Flohic. 

    Chaque photographie laisse émaner une poésie subtile, un lien révélateur avec les poèmes et textes divers. Les photographies vont à l’essentiel en s’épurant du superflu. La démarche étant de retrouver la vision originelle afin de délivrer les nuances les plus transparentes, pour fixer les ambiances brumeuses et diaphanes. Une ombre portée, un reflet, un silence entre le ciel et l’eau, quelques fanaux dans la nuit.    

    Patrice Yan Le Flohic nous livre l’expression de ses ressentis en la photographie et la pictotofographie, manière très graphique ou picturale de traiter la photographie et de restituer de précieux et singuliers rendus. 

    Oui, aujourd’hui nous sommes comblés de retrouver Rome Deguergue pour lui remettre ce prix Michel-Ange avec les compliments de toutes et tous les conseillers culturels du Cénacle Européen des Arts et des Lettres toujours sous le regard bienveillant de Léopold Sédar Senghor. 

     

    Michel Bénard.

     

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