• Prix Michel ange

     

    Prix Michel ange

    PRIX européen

    MICHEL ANGE

    2020

    Prix Michel ange

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    MYRIAM  CHESSBOEUF

      

    Myriam Chessebœuf, installée dans la Cité de l’écrit à Montmorillon, vient de décrocher le titre de Meilleur ouvrier de France dans la classe enluminure.

    Depuis quelques jours, elle peut porter la médaille et faire valoir sa qualité de MOF, Meilleur ouvrier de France : Myriam Chessebœuf, enlumineuse installée à Montmorillon, vient de décrocher le prestigieux titre, dix-neuf ans après avoir découvert cette discipline lors d’un stage à Poitiers.
    « J’ai toujours été artiste, gamine je décorais mes classeurs, mais ce stage a été le déclic, explique-t-elle. En 2004, nous nous sommes installés au Québec avec mon mari. J’ai décidé de me consacrer à la peinture et à la calligraphie. C’était un hobby jusque-là. » Voire un peu plus : « J’avais déjà organisé le Salon de l’œuf décoré, je faisais de la vente par correspondance de matériel. »
    Outre-Atlantique, elle crée une galerie, avec un atelier où elle donne des cours. « J’ai commencé à recevoir des commandes publiques, des documents destinés aux ministères, au Parlement, à l’autorité héraldique du Canada, etc. Ça a été une étape extraordinaire dans mon travail, avec l’exigence de la rigueur. J’ai appris la persévérance et la performance. »
    “ Mon objectif était de donner l’impression qu’on a l’original sous les yeux ” A son retour en France il y a deux ans, elle décide de concourir pour le titre de Meilleur ouvrier de France. « J’ai été sélectionnée par le jury qui m’a donné le sujet du chef-d’œuvre. » Reproduire à l’identique une des pages richement illustrées des Grandes heures du duc de Berry, un précieux manuscrit de 1409 actuellement conservé à la Bibliothèque nationale de France.
    Le folio 61 regorge de motifs : des centaines de feuilles dorées, de nombreux blasons, des oursons, des oiseaux, une infinité de détails d’une finesse incroyable. « Mon objectif était de donner l’impression qu’on a l’original sous les yeux. J’ai mis la barre le plus haut possible. »
    Pour reproduire le document, Myriam Chessebœuf a reconstitué les recettes des peintres du Moyen Age. C’est un des aspects qu’elle préfère dans l’enluminure : « La détrempe médiévale est un mélange de blanc d’œuf, de miel et de résine. » Les couleurs sont obtenues par des minéraux, métaux, végétaux et matières animales, les mêmes qu’il y a six cents ans. « J’ai fait des recherches sur les techniques des artistes de l’époque. » Même s’il faut parfois y mettre le prix : « Le bleu est obtenu avec du lapis-lazuli, qui est assez cher… et il y a beaucoup de bleu sur ce folio », dit-elle en souriant.
    Le temps passé n’est pas moins précieux : « J’y ai passé huit mois, au rythme d’un travail à temps plein, c’est une forme d’investissement. Je m’étais donné une mission d’aller au bout. »
    Myriam Chessebœuf a posé ses valises à Montmorillon il y a deux mois, ouvrant son atelier Le Parchemin du roy. « C’est un retour aux sources, mes parents habitaient Montmorillon quand je suis née et j’y ai ensuite travaillé. » Elle travaille actuellement sur plusieurs travaux qui lui ont été commandés et propose des cours.

    Sur la table, les dorures captent immédiatement l'attention. Entre la loupe et les plumes, trône, sous verre, la copie conforme d'une page des Grandes Heures du Duc de Berry, un précieux ouvrage qui fait la richesse de la Bibliothèque nationale de France. L'œuvre, exposée dans l'espace Valentréà l'occasion du Salon du livre ancien et moderne de Cahors ce week-end, est celle de Myriam Chesseboeuf.

    C'est grâce à cette reproduction qu'elle a obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France en mai dernier.

    «L'enluminure, c'est une double façon de communiquer : à la fois en illustrant le sens du texte et en transmettant la lumière – ce qu'on interprète comme on veut. Il y a toujours un aspect spirituel bien sûr, mais il a évolué», estime l'artisan. «On ne peut pas rester indifférent devant une enluminure. Cela rend un écrit mémorable, durable…»

    D'aussi loin qu'elle se souvienne, Myriam Chesseboeuf a toujours été entourée de plumes et de livres. A10 ans, elle possède déjà toute une collection de plumes qu'elle a encore aujourd'hui. Chez sa grand-mère, elle copie les livres que son aïeule l'empêche d'emporter à l'extérieur. Un interdit qui lui inculquera le respect qu'elle a encore aujourd'hui pour ces objets «précieux». Alors qu'elle décore des œufs depuis près de treize ans, l'artisan participe à un stage de calligraphie et d'enluminure en 2000. Conquise, elle se lance à son compte en tant qu'enlumineuse au Québec où elle reste jusqu'en 2017.

    Aujourd'hui installée à Montmorillon dans la Vienne, elle travaille pour des clients aussi multiples que variés : domaine viticole, mairie, etc. Le salon de Cahors est pour elle une «occasion exceptionnelle» de «se faire connaître et de rencontrer les confrères». Mais surtout de faire découvrir son métier.

    Car, outre le processus de calligraphie et d'enluminure, son travail comprend aussi une grande part de recherche. «Pour l'enluminure, il s'agit de comprendre comment les gens ont travaillé, quels outils ils ont utilisé. Il faut identifier les matériaux et les méthodes. Ce n'est jamais une simple copie.»

     

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