• Prix Ovide

     

    Prix Ovide

    PRIX européen OVIDE

    2016

    Prix Ovide

     

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    Prix Ovide

    MARYLIN  HACKER

    Profession actuelle ou ancienne : Poète, traductrice, elle a été enseignante de littérature à la City University of New York. Elle est membre du comité de rédaction de la revue Siècle 21. Spécialité du candidat/de la candidate : Marilyn Hacker contribue très activement au rayonnement de la littérature francophone aux USA, où elle a traduit nombre d’auteurs majeurs de cette littérature francophone, comme Marie Etienne, Guy Goffette,Vénus Khoury-Ghata, Hedi Kaddour, Emmanuel Moses ou encore Habib Tengour. Elle œuvre donc pour la langue française et a choisi de vivre à Paris où elle continue sans relâche de créer d’autres passerelles entre les continents, par les nombreux voyages et lectures qu’elle donne ici et là. Elle est très engagée au comité de rédaction de la revue Siècle 21, où se croisent la littérature française et les littératures du monde. Son œuvre poétique, largement reconnue et récompensée aux USA, est marquée par le talent avec lequel elle manie des formes fixes comme le sonnet ou le pantoum ainsi que des métriques anciennes, tout en restant au plus proche du quotidien.


    Parutions :

    Poésie :
    Presentation Piece (1974)
    Separations (1976)
    Taking Notice (1980)
    Assumptions 1985
    Love, Death, and the Changing of the Seasons (1986)
    Going Back to the River (1990)
    The Hang-Glider's Daughter: New and Selected Poems (1991)
    Selected Poems: 1965 - 1990 (1994)
    Winter Numbers: Poems (1995)
    Squares and Courtyards (2000)

     

    Essais :
    Hacker, Marilyn. Unauthorized Voices (Poets on Poetry Series, University of Michigan Press, 2010)
    Traductions
    A long-gone Sun, Claire Malroux, 2000
    Here there was once a Country, Vénus Khoury-Ghata, 2001
    She says, 2003
    A House at the Edge of Tears, Vénus Khoury-Ghata, 2005
    Birds and bison, Claire Malroux, 2005
    Charlestown Blues: Selected Poems, Guy Goffette, 2007
    Nettles, Vénus Khoury-Ghata, 2008
    King of a hundred Horsemen, Marie Etienne, 2009
    Alphabets of Sand, Vénus Khoury-Ghata, 2009
    Treason, Hedi Kaddour, 2012
    Crossings, Habib Tengour, 2013
    Where are the Trees going ? Vénus Khoury-Ghata, 2014

    Sont mentionnés ici les ouvrages complets traduits et non la longue liste d’autres textes traduits pour des anthologies et des revues.

    En français :

    La rue palimpseste, La Différence, 2005
    Diaspo Renga, avec Deema Shehabi, Alain Gorius / Al Manar, 2011

    Traductions de poèmes écrits par Marilyn Hacker sur internet :
    Sur le site du Printemps des Poètes :
    http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=passeurs/fiche.php&cle=625
    Sur le site de la Quinzaine Littéraire :
    https://blogdepoesiedelaquinzainelitteraire.wordpress.com/2012/04/20/anthologie-de-poesie-n2-marie-etienne-et-gerard-noiret-38-marilyn-hacker/#more-300
    Sur bibliobs :
    http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20141229.OBS8976/pantoum-en-temps-de-guerre-poeme-pour-les-martyrs-de-mossoul.html


    Ouvrages proposés :

    La rue palimpseste, La Différence, 2005
    Diaspo Renga, avec Deema Shehabi, Alain Gorius / Al Manar, 2011

    Bref CV de la lauréate :

    Marilyn Hacker est née dans une famille modeste du Bronx en 1942. Elle a obtenu un BA en langues romanes en 1964 à NYU (New York University). Elle s’est installée à Londres comme libraire en 1970. Elle a publié son premier livre Presentation piece en 1974, récompensé par le National Book Award. Plusieurs autres livres ont suivi, eux aussi récompensés.

    Elle a aussi enseigné la littérature anglaise à la City University of New York.
    Son travail de critique et de traductrice est très reconnu. Sa traduction de Marie Etienne, King of a hundred Horsemen a reçu le PEN Award for poetry in translation en 2008.
    Elle a été élue membre de the Academy of American Poets en 2008.
    Elle a reçu le Bernard F. Conners Prize de la Paris Review, le John Masefield Memorial Award de la Poetry Society of America, le PEN Voelcker Award, le Prix de Poésie international Argana de la maison de la poésie Beit as-Shir au Maroc, et des bourses des fondations Guggenheim et Ingram Merrill.
    Je conclurai en soulignant l’exceptionnelle ouverture et les qualités d’humanité d’une poète qui a le souci permanent de faire connaître les autres poètes dans sa langue et dans son pays, tout en poursuivant son propre chemin en poésie avec exigence et passion. En témoignent les traductions en français de son œuvre et son engagement dans la revue « Siècle 21 » et également dans la revue « Europe ». C’est pour ces raisons que je propose la candidature de Marilyn Hacker au Prix Ovide, décerné à un poète étranger pour les traductions de son œuvre.

     

    Marylin Hacker 

    C’est une très grande joie et un honneur que de présenter Marilyn Hacker, le jour où le Cénacle Européen Francophone lui décerne le Prix Ovide 2016. Les mots voyagent. Ils voyagent à travers le temps, mais aussi d’un espace à l’autre. Et qui incarne mieux ce voyage perpétuel des mots et de la poésie que Marilyn Hacker, éprise de formes poétiques anciennes qu’elle sait habiter comme passante du siècle qui est le nôtre en les ouvrant, en les renouvelant, pour en faire jaillir une flamme de vie ? Elle qui est aussi attentive aux souffles venus d’ailleurs, portés par d’autres langues que l’anglais dans lequel elle a grandi, et qu’elle traduit et passe sans se lasser, et avec lesquelles elle dialogue aussi en poésie... Elle qui réinvente inlassablement les mots comme lieu de la rencontre et du partage.
    Marilyn Hacker est née dans une famille modeste du Bronx en 1942. Elle a obtenu un BA en langues romanes en 1964 à NYU, l’Université de New York. Quelques années plus tard, elle s’est installée à Londres comme libraire, ce qui était le début d’une activité d’emblée très prolifique, non seulement dans son écriture elle-même, mais dans tous les domaines qui concernent la littérature. Son premier livre Presentation piece paru en 1974, a été aussitôt récompensé par un prix, comme le seront ses autres publications par la suite.
    Elue membre de l’Académie des poètes américains en 2008, elle a reçu notamment le Bernard F. Conners Prize de la Paris Review, le John Masefield Memorial Award de la Poetry Society of America, le PEN Voelcker Award, le Prix de Poésie international Argana de la maison de la poésie Beit as-Shir au Maroc, et des bourses des fondations Guggenheim et Ingram Merrill. La rue palimpseste, traduction de Claire Malroux qui réunit de larges extraits de trois de ses recueils, a été récompensée par le prix Max Jacob étranger 2005.
    Marilyn Hacker n’a pas seulement défendu les livres dans le quotidien d’une librairie londonienne, elle en a transmis l’amour à ses étudiants de littérature anglaise à la City University of New York, quand elle est retournée s’installer aux Etats-Unis quelques années plus tard. Lectrice insatiable de poésie, de romans ou d’essais, elle est véritablement à l’écoute de tout ce que peuvent écrire ses contemporains. Elle sait l’importance cruciale de l’écho à donner à un écrit, afin d’en partager la résonance qu’il a eue par encore d’autres mots, en continuant ce dialogue dont chaque livre porte en lui l’espoir. Car Marilyn Hacker est aussi critique littéraire, comme en témoignent les plusieurs essais qu’elle a publiés. Et elle a été rédactrice en chef de la revue « Kenyon Review », ce qui montre aussi son souci de tous ceux qui écrivent, ceux qui sont déjà reconnus, mais aussi ceux qui commencent et ont besoin d’un lieu ou publier leurs premiers textes.
    Depuis 1985, elle partage sa vie entre Paris et New York, sans parler des nombreux déplacements qu’elle fait aussi en Grande-Bretagne ou ailleurs pour lire ses poèmes, animer des ateliers, présenter sa poésie. Elle voyage d’une rive à l’autre, d’une langue à l’autre, poursuivant ce qu’elle a commencé avec ses études en langues romanes, tout naturellement portée à traduire, à porter d’un espace linguistique à un autre les infinis territoires d’écho que sont la poésie. Elle a traduit Marie Etienne, Guy Goffette, Hedi Kaddour, Vénus Khoury-Ghata Emmanuel Moses et Habib Tengour, un autre de nos lauréats d’aujourd’hui. Ses traductions ont elles aussi obtenu des prix, comme celle de « Roi des cent cavaliers » de Marie Etienne, qui a reçu le PEN Award for poetry in translation en 2008. Elle ne se satisfait pas de traduire pour les Etats-Unis mais s’est engagée aussi à Paris, où elle collabore souvent à la revue « Europe ». Elle est membre du comité de rédaction de la revue « Siècle 21 », qui a un intérêt particulier pour les littératures du monde. Elle traduit avec un sentiment de la nécessité, qui jaillit de sa passion de lectrice, de découvreuse de textes. Elle est soucieuse de faire connaître dans sa langue maternelle, mais aussi de faire traduire en français des poètes qui ne sont pas seulement américains. Son intérêt pour ceux et celles qui écrivent ignore les frontières. Bâtisseuse de ponts, elle œuvre pour rapprocher les écritures et faire partager des expériences littéraires mais aussi humaines, au sens le plus noble du terme.
    Marilyn Hacker est constamment portée par une attention à l’autre, qui est aussi une forme de présence au monde, indissociable de sa propre démarche poétique. Ceux qui l’ont entendue lire sa poésie peuvent témoigner de cette incandescence nourrie au plus près du cœur battant des êtres et de lieux qu’ils habitent, qu’il s’agisse de villes, de rues festives ou meurtries par les conflits. La poésie de Marilyn Hacker célèbre la vie mais ne se détourne jamais des souffrances qui déchirent les vivants, qu’il s’agisse de la maladie ou des violences de la guerre. Elle est portée par la certitude que la poésie naît dans des mots portés par le grain de la voix et la chair de l’expérience, loin de la sécheresse de l’abstraction. Elle utilise des formes anciennes comme le sonnet ou le pantoum ainsi que des métriques anciennes où elle excelle. Dans un article, Florence Trocmé parle de cette place que Marilyn Hacker accorde à la forme comme de cadres qui s’inscriraient comme des repères à celle, qui n’est de « nulle part » et « oscille entre deux pays, deux villes, deux continents, deux langues ». Elle saisit loin dans le temps les fils d’une poésie qui s’inscrit en même temps au plus près de l’humain.
    Je voudrais citer ces extraits d’un poème de Marilyn Hacker, traduit par Emmanuel Moses et paru dans le numéro 22 de la revue Le Mâche-Laurier :


    Comment c'est, dans cette chair provisoire
    de retourner à ma table de travail,

    de voir par la fenêtre le soleil rougeoyant

    aviver la pierre frottée d’en face,

    illuminer les chambres inconnues d’un voisin familier,

    […]

    Je suis lasse de la terreur et du désespoir,
    d’avoir à me montrer courageuse.

    Je veux les jours de travail ennuyeux

    et les nuits de vie que rien d’exceptionnel

    ne marque, avec des cils et des cheveux.

    Il est exceptionnel de mourir dans son lit

    à quatre-vingt-dix-huit ans sans avoir été

    gazée, fusillée, essorée à sec

    par la dysenterie, noyée à la naissance

    dans une bassine pour filles non désirées.

    […]

    Je ne sais que l’instant en expansion

    présent, infinitésimal, infini,

    où le soleil tardif pénètre sans commentaire

    dans huit rangées de fenêtres vis-à-vis.


    Cécile Oumhani

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Prix HoracePrix Charles Carrère »