• Prix Pétrarque

     

    Prix Pétrarque

    PRIX européen PÉTRARQUE

    2016

     

    Prix Pétrarque

     

    Prix Pétrarque

     (présentée par Fanny Daubigny)

    Prix Pétrarque

     

    Prix Pétrarque

     YANNICK  GASQUY-RESCH

     

    Yannick GASQUY-RESCH, professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, est présidente de l’Association internationale des études québécoises. Elle a publié un manuel sur la littérature du Québec, elle est également auteur de Gaston Miron, le forcené magnifique, aux éditions Hurtubise (2003), ainsi que d’un essai sur l’œuvre de Colette, Corps féminin corps textuel. Yannick Gasquy-Resch est coauteur de l’édition des œuvres de Colette dans la Bibliothèque de La Pléiade.

    Yannick Resch, spécialiste de littérature française et québécoise, est professeur à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.

    Auteur de plusieurs biographies dont le récent "Gaston Miron. Tel un naufragé", Aden, 2008.

    Elle est aussi coéditrice des oeuvres de Colette à la Pléiade.

    De 1976 à 1979, elle produit pour la télévision française trois documentaires qui témoignent d'un engagement profond envers l'Acadie, la Louisiane et le Québec.

    Au début des années 1980, elle est chargée de cours au Département d'études littéraires de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), où elle enseigne la littérature québécoise. Elle obtient en 1985 un doctorat d'État sur la littérature québécoise à l'Université d'Aix-Marseille I. Tout au long de sa carrière de professeure à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, elle ne cesse d'enseigner l'histoire du Québec ainsi que sa littérature et sa culture, qu'elle a aussi enseignés à l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et à l'Institut d'études politiques de Paris.

     

     

     

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    PRIX PÉTRARQUE

    Yannick Gasquy-Resch
    (présenté par Fanny Daubigny)

     C’est aux portes de l’Orient à Istanbul en 2012 que j’ai rencontré Yannick Gasquy-Resch pour la première fois. L’Orient des minarets chatoyant dans la chaleur sèche et pourpre du midi. L’Orient de Pierre Loti, l’Orient des bains Turcs, des harems et belles odalisques coloré par Ingres ou encore l’Orient du crépuscule chanté par Anne de Noailles.

    Paris 1909. C’est encore l’Orient qui triomphe alors que le théâtre du Châtelet accueille la première des ballets russes de Serge Daighilev. «L’Orient, comme le raconte Yannick Gasquy-Resch dans son dernier essai Ecrire/danser la Vie, est alors tel que l’ont rêvé les artistes surgit sous le regard médusé des spectateurs grâce aux décors et costumes de deux peintres talentueux Benois et Léon Bakst. Le ballet classique fait place à un spectacle total où se mêlent danse, musique, peinture. Robert de Montesquiou est enchanté et Marcel Proust évoque cette première comme une ‘’efflorescence prodigieuse’’. »

    1909 est aussi l’année qui porte à l’apogée de son art la danseuse américaine née en Californie Isadora Duncan. Reconnue, célébrée, adulée, Isadora ‘’la danseuse aux pieds nus’’, qui mime le mouvement sur la nature, imprime la scène de son corps comme on écrit sa vie. Rébellion d’une femme d’un autre siècle qui a déjà en elle la fureur de vivre.
    Sur une autre scène, peu éloignée de la précédente, celle du music-hall, une autre femme, par qui le scandale arrive, Sidonie Gabrielle Colette, s’exhibe nue sous une peau de panthère devant un public ébahi en jouant dans des mimodrames orientaux. ‘’ « la première mime féminine de mon temps », dira-t-elle.

    Les deux femmes n’étaient pas des amies intimes mais fréquentaient les mêmes cercles mondains et artistiques parisiens. Des salons de la Princesse de Greffuhle ou d’ Armande de Polignac, elles se retrouvent sans se connaitre, partageant la même farouche indépendance et le même refus des conventions sociales qui enferment la femme du début du siècle dans un corset trop étroit. Un maillot de laine décoloré sous une veste pour l’une et un corps nu envelopé de voiles pour l’autre suffiront à les libérer.

    Entreprendre une étude biographique sur une danseuse qui refusa d’écrire sa vie et une auteure qui s’opposa à l’idée d’une vocation littéraire relève du défi et du paradoxe littéraire, que Yannick Gasquy-Resch, en femme insoucieuse des genres bien établis, manie avec prouesse.

    Officier de l’ordre des Palmes académiques, Membre de l’ordre des Francophone d’Amérique et récemment promue d'honneur du cercle littéraire Krudy Gyula de Budapest, Yannick est professeure émérite de l’Institut D’Etudes Politiques de Aix-en-Provence et l’auteure de nombreuses études académiques et essais biographiques sur Colette et le poète Québécois Gaston Miron. Elle est aussi l’auteure de deux receuils de poésie, Iles de Lumière et Au Fil Des Jours, parus aux éditions Encres Vives, collection Encres Blanches respectivement en 2014 et 2015.

    Entreprendre une présentation biographique des travaux de Yannick Gasquy-Resch revient comme pour ses deux muses, Isadora et Sidonie, à renoncer aux codes et canons littéraires.
    D’une thèse doctorale dessinant une géographie affective de la ville de Montréal, L’imaginaire de la Ville: Montréal dans la fiction Québécoise (1940-1980), aux études historiographiques féministes, 200 femmes de l’histoire. Des Origines à nos jours (Editions Eyrolles, 2009), sans oublier une contribution remarquée aux éditions de la Pléiàde des oeuvres completes de Colette (2001), la production universitaire, scientifique et poétique de Yannick est interdisciplinaire, transnationale et transhistorique.
    Présenter la biographie d’un auteur relève toujours d’un exercise subtil. Ne pas tout dire sans trop omettre.
    Laissons donc pour cet exercise délicat le dernier mot à Colette: ‘’On ne pénètre pas dans l’intimité dans une caryatide mais on la contemple.”


    Je suis honorée de remettre en ce jour du mois du 11 juin 2016 le prix Pétrarque à Yannick Gasquy-Resch pour l’ensemble de sa contribution au monde des lettres et de la poésie françaises et francophones. Merci de vous joindre à nous pour célébrer cet après-midi et avec joie notre talentueuse lauréate.

    Fanny Daubigny

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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