• Prix Virgile

    Prix Virgile

    PRIX européen VIRGILE

    2016

    Prix Virgile

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    Prix Virgile

     JACQUES  ROMAN

     

     

     

    Jacques Roman, né Jacques Poissonnier le 1er juillet 1948 à Dieulefit, est un acteur, metteur en scène, réalisateur et écrivain français, vivant depuis de nombreuses années dans le canton de Vaud en Suisse. Il travaille pour le théâtre et la Radio Suisse Romande.

    Jacques Roman s'est formé auprès de Samson Fainsilber et de Tania Balachova. Il arrive en Suisse romande en 1970 et débute dans des groupes de Théâtres-animations à La Chaux-de-Fonds et à Fribourg (Suisse). En 1981, André Steiger le met en scène dans Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac au Théâtre de Vidy. Il travaille alors sous la direction de Martine Paschoud, Hervé Loichemol, Stuart Seide et Benno Besson.

    Dès 1984, il réalise des mises en scène sous la forme monologique d'abord puis avec plusieurs acteurs. De 1989 à 1991, il participe aux spectacles de Matthias Langhoff au Théâtre de Vidy-Lausanne, notamment La Mission de Heiner Muller ou Macbeth de Shakespeare. De 1998 à 1999, il met en lecture plusieurs textes au Théâtre Arsenic de Lausanne. Avec François Marin, il réalise en 1999 Tamerlan de Michel Deutsch. En 2003, il participe au projet commun de la Cie Marin et de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne visant à faire entendre les voix de la création littéraire contemporaine de Suisse romande.

    Acteur, metteur en scène, réalisateur, animateur et auteur, ce passionné des mots a publié de nombreux recueils qui, tant par leur forme que par la poésie se dégageant des textes, démontrent l'originalité de sa démarche. On lui doit une pièce radiophonique, un spectacle de théâtre, Les yeux pleins du crime, et des proses poétiques, dont Avant l'heure, Les yeux pleins du crime, Le 208 dans l'allée centrale, Situation générale hier soir. En 2000, il obtient le Prix Édouard-Rod pour L'ouvrage de l'insomnie, éd. Paroles d'Aube. En 2003, paraissent Sur un blanc de terre et d'encre accompagné de deux autres textes précédemment publiés (Paupières de terre / Les Trois P.) Un étranger resté attardé sur la piste et Lettera amorosa.

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    Publications :

    Jacques Roman a publié de nombreux recueils poétiques, une pièce radiophonique, un spectacle de théâtre, Les yeux pleins du crime, et des proses poétiques, comme Avant l'heure, Le 208 dans l'allée centrale, Situation générale hier soir.

    Le dossier R... ou l'affaire du crochet à viande, Éditions Empreintes, 1983
    Le cri de la fourchette sur une vitre nue, Genève, Eliane Vernay, 1984
    L'ange dans le couloir, Genève, Éditions E. Vernay, 1988
    Fou qui croit remplir l'adresse, Genève, Éditions E. Vernay, 1988
    Un étranger resté attardé sur la piste, Genève, Éditions E. Vernay, 1989
    L'orchestre intérieur dont Éros est le chef, Genève, éditions E. Vernay, 1993
    L'ouvrage de l'insomnie, Éd. Paroles D'aube, 1999; rééd. Vevey, Éditions de l'Aire, 2001
    Toutes les vertus du désert, Vevey, Éditions de l'Aire, Vevey, 2002
    L'ardeur de l'ombre : poèmes, Vevey, Éditions de l'Aire, 2004
    La chair touchée du temps, Genouilleux, éd. La Passe du vent, 2005
    Je vois loin des yeux, Genève, Labor et Fides, 2005
    Je ne me souviens pas, Genève, Le Miel de l'Ours, 2005
    Marie pleine de larmes, Lignes Manifeste, 2006
    Du monde du chagrin (avec Bernard Noël), Montrouge, Éditions Paupières de terre, 2006
    Je vous salue l’enfant maintenant et à l’heure de notre mort, Vevey, Éditions de l’Aire, 2008
    D'entente avec oui, Montrouge, Éditions Paupières de terre, 2008
    Écrits dans le regard de Hans Bellmer, éditions Notari, 2009
    La nuit tournoie passionnée, Moudon, Éditions Empreintes, 2009
    L'élan, l'abandon, Éditions Samizdat, 2010
    Traversée, Genève, Éditions Zoé, 2010
    Les Os d’Eros, Vevey, Éditions de l'Aire, 2011
    Tout bêtement, Illustrations de Carll Cneut, Genève, La Joie de Lire, 2012
    De la contemplation de la page blanche loin de la page blanche,

    Dessins d’Yves Picquet, Plounéour-Ménez, Éditions Isabelle Sauvage, 2012
    Terres de Sienne, Peintures Marie-José Imsand, Lausanne, Éditions Si, 2013
    Le dit du raturé / Le dit du lézardé, Plounéour-Ménez, Éditions Isabelle Sauvage, 2013
    Les Consonnes, Vevey, Le Cadratin, 2013
    J’irai cacher ma bouche dans ma gorge, Préface de Doris Jakubec, Genève, Samizdat, 2013
    Notes vives sur le vif du poème, Plounéour-Ménez, Editions Isabelle Sauvage, 2014
    Les Rencontres emportées, Vevey, L’Aire, 2015, 30 p., (ISBN 978-2-917751-46-6)
    Lettres à la cruauté, postface de David Collin, Vevey, Le Cadratin, 2015, 46 p., (ISBN 978-2-940248-58-2)
    Communication au monde de l'art sur le secret aveuglant de la Joconde, avec Christophe Fovanna, Lausanne, art&fiction, 2015, 78 p., (ISBN 978-2-940377-93-0)

    *

     Jacques Roman reçoit le Prix européen VIRGILE 2016

    Maria Maïlat, lors de la remise du Prix le 11 juin 2016, Paris, Né en France, Jacques Roman s'installe en Suisse romande au début des années
    1970 et foule bientôt les planches des théâtres, de Lausanne à La Chaux-de-Fonds, de Fribourg à Genève. Comédien, metteur en scène, réalisateur, collaborateur et producteur à la Radio Suisse romande, pionnier des lectures publiques, son identité profonde se définit dans et par la poésie. Jacques Roman est poète comme d’autres sont grands ou petits, taciturnes ou bavards, idéalistes ou réalistes.
    Autant sa présence de passeur de textes littéraires est visible et audible, généreusement ouvert aux autres poètes, autant ses livres sont entourés de discrétion et de secret comme si l’écriture était dans sa vie une étrange amante, cachée qui l’accompagne partout. Auteur d'une dizaine de livres de poésie (dont certains accompagnés par le travail d’un artistes) Jacques Roman flâne, danse, s’arrête, marche en souriant et traverse
    la matière invisible de la voix et du silence. Tous ces mouvements sont autant d’approches de la langue, d’une langue perdue que Jacques re-invente chaque jour. Il explore l’indicible pour y extraire la trace du papillon et la transe de la voix. La beauté de notre monde - même quand elle est peuplé de monstres - se concentre dans le poème. Comme sur un ruban de terre rocailleuse, à l’aube, il faut saisir les détails de la nuit pendant que les consonnes roulent, raclent et brûlent la gorge comme des larmes détachées de la voie lactée. Le poète rend compte du « chaos parfait »
    dans lequel chacun doit tenir sa place :
    « Et voilà que j’écris, je le sens bien, comme du dos de la main on écrase une
    larme à la paupière.
    (…)
    « Qu’y-a-til encore qui pousse sa vie à la rencontre d’une autre vie ?
    (…)
    « Est-ce que le pain attend encore le frère chez les frères? Questions, questions
    dans le chemin. Et on ne ramène jamais que quelques fleurs fanées auxquelles on
    offre un pauvre verre d’eau… »*1


    Chaque poème ressemble à l’oeil d’un diptère : ses facettes reflètent mille visages disparus et des « chers fantômes ».


    1* Jacques Roman, Sur un blanc ruban de terre et d’encore,Ed. paupières de terre 

    « La marche du monde que l’on avait oublié » nous pousse par vagues jusqu’au lieu où l’horizon s’ouvre et nous voilà « dans le chemin aimé comme une tombe ». L’écriture est la seule traversée possible d’un lieu où la vie et la mort forment une seule et même page. Funambule, le poète est debout sur cette page verticale qui
    relie la lumière au crépuscule.

    Ici :
    « Le chagrin est un mur mitoyen. Il nous faut le percer. De l’autre côté habite l’amour ».2


    En écho à la voix de Virgile, Jacques Roman écrit:
    « Oubliez mon visage, mes larmes, mais n’oubliez pas la voix qui ne m’appartient pas, la voix incarnée de l’humaine inspiration. »*3

     Maria Mailat

     

     

    « Prix AristotePrix Pétrarque »